Nevado Ojos del Salado

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Lima, 6 mois après cette tentative

Le Nevado Ojos del Salado, c’est cette grande montagne là. Oui, au milieu, légèrement à droite sur la photo ci dessous. Ca ne paye pas vraiment de mine et en dehors du Chili c’est un sommet isolé peu connu… Et pourtant l’Ojos del Salado possède un sacré pedigree : à 6893 m d’altitude c’est le plus haut sommet du Chili, second sommet d’Amérique du sud, plus haut volcan du monde et son cratère abrite le plus haut lac du monde !

Ojos de Salado

Ojos del Salado

Cette montagne est finalement bien vite devenue l’objectif de ces premières grandes vacances en Amérique du Sud. Il s’agissait de trouver un sommet assez facile techniquement, dans une région à la météo plutôt stable et, si possible, dans un coin nouveau, attirant et intéressant.

Quemadito - The trailhead, a good bivouac place too - Le départ du sentier, un bon emplacement de bivouac aussi.

Quemadito – The trailhead, a good bivouac place too – Le départ du sentier, un bon emplacement de bivouac aussi.

Au premier abord, c’est l’Aconcagua qui rassemble ces critères… Mais la notoriété de ce dernier attire les foules : il paraît que le camp de base du plus sommet d’Amérique du Sud est le plus grand après celui de l’Everest ! Connexion internet, douches chaudes… Sans compter le prix de plus en plus élevé à payer pour avoir le droit de gravir les pentes de cette montagne.

Aguas Calientes - Guillermo the mule driver arrives with our bags - le muletier arrive avec nos sacs.

Aguas Calientes – Guillermo the mule driver arrives with our bags – le muletier arrive avec nos sacs.

Les Andes sont vastes et les sommets éloignés de tout et peu fréquentés sont tellement nombreux qu’il est difficile de faire un choix. Pour la plupart il est impossible de trouver la moindre information sur internet et il faudrait alors plus de temps pour préparer une telle ascension. La zone de l’Ojos del Salado, quant à elle, regroupe un grand nombre de sommets de plus de 6000 m, et surtout, il est possible d’y accéder par le versant chilien ou argentin ouvrant ainsi les possibilités.

Day 2 - from Aguas Calientes, let's go there, straight ahead... C'est partit tout droit !

Day 2 – from Aguas Calientes, let’s go there, straight ahead… C’est partit tout droit !

Côté chilien, une autorisation est nécessaire, mais elle peut être obtenue facilement. Un système de pistes et de refuges permet d’atteindre assez rapidement l’altitude de 5280 m. Versant argentin c’est l’aventure… Il n’existe aucune infrastructure mais il est possible d’organiser un éventuel transport à partir de Fiambala, bourgade la plus proche. L’envie de s’aventurer une dizaine de jours en montagne, sans voiture et sans aucune contrainte administrative, dans la Puna de Atacama désertique et magnifique, sera la plus forte.

Aguas Vicunas - 2nd bivouac

Aguas Vicunas – 2nd bivouac

Depuis le fauteuil tout paraît simple : rejoindre Fiambala après 3-4 semaines de 4×4 en altitude (parfait pour l’acclimatation !), trouver Johnson Reynoso à Fiambala (l’expert des montagnes du coin), laisser la voiture à l’abris dans un hôtel, monter vers le départ du sentier en stop ou en taxis, gravir le sommet, redescendre et continuer la route vers Lima. Facile.

Day 3 - Before the Portezuelo Negro - Avant le col du Portezuelo Negro

Day 3 – Before the Portezuelo Negro – Avant le col du Portezuelo Negro

Rejoindre Fiambala se fait suivant le plan initial… Johnson est une personne fort sympathique, qui connaît les montagnes de la région par cœur. Tout le monde le connaît à Fiambala et il est facile de le rencontrer. Ses conseils sont les bienvenus : un muletier est installé prêt du départ du sentier à Quemadito et il pourrait nous monter nos affaires au camp de base à 5500 m. Après réflexion, nous opterons pour cette option afin d’arriver dans les meilleures conditions possibles pour l’ascension… Et la voiture attendra finalement bien sagement à Quemadito…

Day 3 - Portezuelo Negro

Day 3 – Portezuelo Negro

En effet, le sentier se trouve à environ 3h de voiture de Fiambala et si la route d’accès est excellente, le trafic est quasi inexistant et il faut encore compter environ 10 km de 4×4 pour rejoindre Quemadito à 3600 m…

Le jour J, un sentiment étrange est palpable : il faut abandonner la voiture au milieu d’un désert minéral, mais aussi laisser les sacs qui contiennent la tente, les duvets, bref tout le matériel. En effet, le muletier est censé venir les récupérer et les monter à Aguas Calientes, à 4200m d’altitude. Il faut en fait lui faire confiance et nous ne l’avons pas encore rencontré…

Day 4 - Rest day with a view

Day 4 – Rest day with a view

Il est difficile de résumer en quelques lignes les 10 jours qui ont suivi. L’intensité désertique du décor, le sentiment d’isolement total une fois arrivé au camp de base, l’altitude écrasante, le soleil et le vent, la poussière qui s’insinue partout, ces étendues enivrantes…

Quemadito est une vraie porte sur un autre monde. On la pousse et on pénètre un environnement incroyable, nouveau. C’est un désert, mais le premier jour consiste à suivre une belle rivière. Il n’y a rien, pourtant les vigognes sont présentes par centaines. L’itinéraire est assez évident mais il serait tellement facile de se perdre (le GPS facilite grandement la tâche). Tout est vaste, grand immense, pourtant à chaque instant le paysage évolue. Le sol est meuble et il est fatiguant d’avancer, mais la curiosité, l’envie de savoir ce qu’il y a un peu plus loin est plus forte que la fatigue. L’altitude évolue doucement et le second bivouac, à Agua Vicuñas est déjà au dessus de 5000 m.

Day 5 - On the way to camp 1 - En route pour le camp 1

Day 5 – On the way to camp 1 – En route pour le camp 1

Ce n’est que durant le 3ème jour que l’Ojos del Salado se dévoile en passant le col de Portezuelo Negro. Il n’a jamais été aussi proche, mais il est encore tellement loin. En contrebas, un lac improbable attire le regard. Les nuages jouent avec la lumière et le soleil. Guillermo, notre muletier, nous salue et nous souhaite bonne chance. Il aura été notre seul contact humain durant ces 3 premiers jours. Fort sympathique, il parle facilement de la vie dans ces montagnes, de ces quelques mois qu’il passe en altitude chaque année, souvent seul, dans son campement à 4000 m d’altitude. Il redescend les affaires d’un groupe de polonais. Lorsqu’ils descendront nous serons seuls à 5500 m.

Day 6 - On the last steep slope before the crater - Sur la dernière pente raide avant le cratère

Day 6 – On the last steep slope before the crater – Sur la dernière pente raide avant le cratère

Au camp de base, un jour de repos pour récupérer et parfaire l’acclimatation est le bienvenu. Qu’il est bon de se promener entre les pénitents de glace (seule source d’eau) et sur les collines environnantes afin d’admirer toutes ces hautes montagnes. Il fait très froid la nuit, mais chaud le jour lorsque le soleil est présent.

Day 6 - And the weather is changing... Et la météo change...

Day 6 – And the weather is changing… Et la météo change…

Un camp intermédiaire vers 5700 m permet de se rapprocher confortablement du sommet et de s’éloigner un peu plus du reste. Lorsqu’il est enfin temps d’affronter les dernières pentes le réveil est bien entendu matinal. Le sommet n’est que 1200 m plus haut. Le sentier évolue dans des cendres volcaniques pénibles, la pente s’accentue et il faut alors zigzaguer entre de petites barres rocheuses qui rendent la foulée plus fatigante : il faut lever les pieds plus haut, appuyer davantage sur les cuisses qui brûlent. Les poumons cherchent plus d’air alors que celui ci est de plus en plus rare. À 6500 m, au niveau du cratère, le lac gelé apparaît et les nuages commencent à se faire abondants. Le sommet est tout proche, à 300 ou 400 m au dessus. La pente finale est une véritable invitation : encore 1h30, peut être 2h, pour la vaincre.

Day 7 - On the way down to base camp - Sur le chemin du camp de base

Day 7 – On the way down to base camp – Sur le chemin du camp de base

En quelques minutes la météo change totalement. Le ciel se ferme, les nuages s’assombrissent et le sommet se voile et disparaît. Quelques minutes plus tard la neige commencera à tomber, nous invitant à redescendre. 3 jours plus tard nous retrouverons notre véhicule.

Day 7 - A last look at the Nevado Ojos del Salado - Un dernier regard au Nevado Ojos del Salado

Day 7 – A last look at the Nevado Ojos del Salado – Un dernier regard au Nevado Ojos del Salado

Des regrets ? En toute honnêteté, aucun. Le sommet aurait été la cerise sur un gâteau déjà formidable. Atteindre le sommet dans les nuages ne présente aucun intérêt à mes yeux. Pour moi, le sommet c’est le point de vue ultime, mais l’aventure en elle même ne se limite pas à ces quelques minutes sur une cime : c’est l’organisation, l’évolution des idées, des attentes durant des semaines, des mois, c’est le fait de mettre un pied devant l’autre et de laisser l’environnement nous émerveiller, et ce sont surtout toutes ces sensations et tous ces souvenirs qui des mois, des années plus tard donnent encore des frissons et amènent à l’aventure suivante.

 

Day 8 - On the way to Aguas Calientes - Sur le chemin du bivouac d'Aguas Calientes

Day 8 – On the way to Aguas Calientes – Sur le chemin du bivouac d’Aguas Calientes

**Plus de photos ci dessous**



ENGLISH :

Lima, 6 months after this attempt

The Nevado Ojos del Salado, it is this big mountain, there. Yes, in the middle, slightly on the right on the following picture. It might not look that appealing, and outside of Chile it is an isolated and barely known summit. And yet the Ojos del Salado deserve more fame : at 6893 m (22615 feet) it is the highest summit of Chile, second summit of South America, highest volcano of the world and the highest lake of the world is sheltered in its crater !

Ojos de Salado

Ojos de Salado

Pretty quickly this mountain became the goal of our first long summer vacations in South America. We were looking for summits, technically easy enough, in an area where the weather was stable enough, and, if possible, in a new place, interesting and enjoyable.

Day 1 - Following the rio Cazadero Grande - En suivant le rio Cazadero Grande

Day 1 – Following the rio Cazadero Grande – En suivant le rio Cazadero Grande

At first, Aconcagua seemed to gather all those criteria… But the fame of this mountain attracts a large crowd too: apparently the Aconcagua base camp is the largest in the world, right after Everest’s! Internet connection, hot showers… And an expensive permit is mandatory to be able to climb it.

Agues Calientes - First bivouac

Aguas Calientes – First bivouac

Andes are vast and there is a huge amount of isolated and barely frequented mountains. It is definitely hard to make a choice. For most of those summits, it is impossible to find good beta on the Internet and it would require much more time to get organized and ready. The Ojos del Salado area gathers a lot of mountains higher than 6000 m (19 685 feet) and it looks accessible from both the Chilean and Argentinean side.

Day 2 - A lot of vicuñas... dead sometimes too... Beaucoup de vigognes, mortes parfois...

Day 2 – A lot of vicuñas… dead sometimes too… Beaucoup de vigognes, mortes parfois…

On the Chilean side, a permit is mandatory, but it could be easily obtained. A good tracks system leads to some refuges, and it is fairly easy to reach the altitude of 5280 m (17 322 feet). On the Argentinean side it is adventurous… There is no infrastructure but it is possible to organize a possible transportation from Fiambala, the closest town.

2nd bivouac at Aguas Vicuñas

2nd bivouac at Aguas Vicuñas

The possibility of and adventure, without 4×4 and without any permit, in the wonderful and amazing Puna de Atacama, seems finally more appealing.

From the couch in Lima everything seems pretty straightforward: reach Fiambala after 3 or 4 weeks of 4×4 in altitude (perfect for acclimatizing), find Johnson Reynoso in Fiambala (local mountain expert), drop the car in an hotel parking, reach the trailhead by hitchhiking or by taxi, climb the mountain, go down, get back to Lima. Easy.

Day 3 - Before the Portezuelo Negro - Avant le col du Portezuelo Negro

Day 3 – Before the Portezuelo Negro – Avant le col du Portezuelo Negro

We manage to reach Fiambala following the plan… Johnson is a very nice and sympathetic person who knows perfectly well the surrounding mountains. Everybody knows him in Fiambala and it is pretty easy to meet him. His advices are welcome: a mule driver is located near the trailhead, at Quemadito, and he could help us to carry our equipment to the base camp at 5500 m (18 044 feet). We will go for this option in order to arrive at the camp in the best shape possible. And finally the car will wait for us at the trailhead in Quemadito…

Day 3 - Portezuelo Negro

Day 3 – Portezuelo Negro

Indeed, the trailhead is still at 3 hours by car from Fiambala and even if the road is excellent, there is almost zero traffic… And from the road there is still 10 km (6 miles) of 4×4 to reach Quemadito à 3600 m (11 810 feet).

On the D day, a pretty weird feeling is in the air: we basically have to abandon the car in the middle of a mineral desert and we have to leave our bags full of equipment (tent, sleeping bags…) too. The mule driver is supposed to come and get them in order to bring them to Aguas Calientes à 4200 m (13 780 feet). We have to trust him but we haven’t met him yet…

It is really difficult to summarize in a few sentences the next 10 days. The dramatic intensity of the landscape, the total remoteness once at the base camp, the “pressure” of the altitude, the sun and the wind, dust that goes everywhere and those intoxicating sceneries all over…

Day 5 - On the way to camp 1 - En route pour le camp 1

Day 5 – On the way to camp 1 – En route pour le camp 1

Quemadito is a real door on another world. We push it and we enter a new and incredible environment. It is a desert, but the first day the trail follows a nice river. There is nothing, yet vicuñas are everywhere. The itinerary is pretty much obvious yet it could be so easy to get lost (the GPS really helps here!). Everything is so vast, large, immense, yet the scenery is constantly changing. The ground is soft and makes walking a tiring task, but curiosity is finally stronger than fatigue. Altitude is slowly increasing and the second bivouac, at Aguas Vicuñas is already at 5000 m (16 400 feet).

It is only on the third day that the Ojos del Salado is finally appearing at the pass named Portezuelo Negro. It has never been that close, yet it is still so far. Below is a surprising lake. Clouds are playing with light and sun. Guillermo, our mule driver, is a very nice and interesting person. He easily talks about his life in the mountains with the mules and how he spends a couple of months there, every year, often alone. He wishes us good luck before leaving to a lower altitude with the equipment of a Polish expedition. When this group will go down we will be alone at 5500 m (18 000 feet).

Day 6 - On the crater, about 30 minutes before turning back - Sur le cratère, environ 30 minutes avant de faire demi tour.

Day 6 – On the crater, about 30 minutes before turning back – Sur le cratère, environ 30 minutes avant de faire demi tour.

A full day of rest at the base camp is welcome and helps us to get used to this pretty high altitude. It is so good to wonder around, between ice penitents (only source of water available here) and on the surrounding hills, to admire those high mountains. It is really cold during the night, but under the sun it can be even hot during the day.

Ice penitents near camp 1 - Penitents de glace à côté du camp 1

Ice penitents near camp 1 – Penitents de glace à côté du camp 1

An advanced camp around 5700 m (18 700 feet) is convenient to get a little closer to the summit and further from the rest of the world. When it is finally time to face the last slopes it is mandatory to wake up early. The summit is only 1200 m higher (3900 feet). The trail is going through tiresome volcanic ashes, the slope is getting steeper at every step and it is then mandatory to zigzag between small rock bands: each steps it a bit higher and we have to push harder on the thigh. Lungs are looking for more air but it is getting more and more rare. At 6500 m (21 300 feet), at the lip of the crater, the iced lake is right there and clouds are now plentiful. The summit is so close, 300 or 400 m (900 to 1200 feet) above. The final slope is a real invitation: 1h30 more, maybe 2h…

Day 7 - On the way to base camp - Sur le chemin du camp de base

Day 7 – On the way to base camp – Sur le chemin du camp de base

In few minutes the weather changes dramatically. The sky is not blue anymore, clouds are dark and the summit slowly disappears. A few minutes later it is snowing, pushing us down. 3 days later we will be back at our car.

Any regrets? Honestly, none. The summit would have been the icing on an already incredible cake. Reaching the summit in the clouds, without a view, doesn’t mean much to me. For me, the summit is the ultimate belvedere, but an adventure doesn’t limit itself to those few minutes on the top: it is the whole organization, the evolution of ideas, the wait during weeks or months, it is the act of moving step by step, the way of the whole environment is acting to fill ourselves with wonder, and it is as well all those feeling, sensations and memories that, months, even years later, are still bringing chills and that are showing us the next adventure.

Day 7 - Going directly to Aguas Vicuñas - En chemin directement vers Aguas Vicuñas

Day 7 – Going directly to Aguas Vicuñas – En chemin directement vers Aguas Vicuñas

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