Bitter sweet Patagonia – Patagonie aigre douce


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– Full slide show at the bottom of the page – Diaporama complet en bas de page –

Il est temps. Temps de tourner la page, de boucler le dossier et de passer à autre chose. Voilà en effet 6 mois que nous sommes rentrés de ce voyage en Patagonie et que régulièrement je regarde mes notes écrites hâtivement à El Chalten. Dois-je vraiment poster cela ? Est-il bien nécessaire d’exprimer le désenchantement vécu, d’essayer d’expliquer la déception ressentie lorsque le vieux rêve est confronté à une réalité décevante ?

En effet, en février dernier El Chalten devait fermer le chapitre « Patagonie » de la plus belle des manières. Se balader sur le Hielo Patagonico, autour du Cerro Fitz Roy, ne pouvait être qu’extraordinaire. Et pourtant il n’en a rien été. La machine touristique est passée par là et on assiste, tout en étant acteur, à une opposition de style, entre touristes supposés argentés, et locaux qui cherchent à tirer le meilleur d’une situation absurde. Sous les coups de boutoir des campagnes de publicité internationales, des médias divers se laissant trop souvent aller au sensationnel et des Lonely Planet ou autres Guides du Routard, le tourisme de masse s’est emparé de cette partie de la Patagonie et il est difficile de sortir des sentiers battus sans avoir de connaissance sur place. À moins d’y mettre le prix.

C’est un article du journal Le Monde qui m’incite finalement à mettre un point final à ce voyage : http://www.lemonde.fr/m-perso/article/2017/07/07/le-routard-un-touriste-qui-s-ignore_5157382_4497916.html#xtor=AL-32280270

After rain and snow, a decent sunset as a reward – Après la pluie et la neige, un coucher de soleil sympathique en récompense.

Ces quelques phrases illustrent parfaitement ce qu’on trouve à El Chalten : tout le monde y arrive à la recherche d’une aventure qui est devenue la plupart du temps aseptisée, rapide et accessible. On y vient, on consomme tous la même chose (la même « aventure », la même bière, le même repas…) et on repart. Il faut passer vite pour apprécier. Si on reste, on se place en retrait, on accepte ce fonctionnement… Ou alors il faut partir, chercher autre chose. Mais dans le coin tout est fait pour la majorité. Allez demander conseil à la « Casa de Guia » et on vous dira qu’ici on vend un service, on ne donne rien. Il faut accepter de rentrer dans un moule et de faire le même sentier que les quelques centaines d’autres personnes, accepter d’être au milieu de la foule et du bruit. Accepter toutes les arnaques mises en place par le système. C’est très vite insupportable. Sortir des sentiers battus demande une autre organisation…  Nous aurons au moins tenté.

On the morning the creek is much easier to cross ! – Le matin le torrent est beaucoup plus facile à traverser !

Faut-il ignorer El Chalten ? Peut-être faut-il se contenter d’y aller rapidement, d’y passer comme tout le monde ? La nature est proche, et permettra au plus grand nombre d’apprécier des paysages uniques qui, ailleurs, seraient difficilement accessibles. Mais faut-il pouvoir facilement profiter de tout ? Nous laissons à d’autres le soin de profiter de l’endroit. Nous étions venus chercher quelque chose qui n’existe plus. Nous y avons trouvé ce qu’en général nous cherchons à éviter. Peut-être attendions nous trop ?

Certes les photos sont sympathiques, mais lorsque je les regarde elle n’évoque que peu d’émotions. La plupart sont prises de belvédères classiques, nécessitant peu d’efforts.

Water is drinkable right from the creek… yet you have to buy plastic bottles in the restaurants… – L’eau est potable directement au torrent… et pourtant les restaurants ne vendent que des bouteilles en plastique…

Grimper ici ? En montagne le rocher semble parfait, mais attendre parfois des semaines pour pouvoir le toucher quelques heures ne me semble pas raisonnable. Il existe un nombre incroyable d’endroits merveilleux offrant des escalades au soleil…

Je regrette de ne pas avoir passé plus de temps en Terre de Feu (côté chilien), endroit encore calme, sauvage et splendide. Ou encore dans les fjords, à apprécier davantage la faune marine et les paysages bruts et immenses. Les derniers voyages au Pérou m’ont redonné le gout du partage mais avant d’en parler, il me semblait important de mettre un point à ce vieux rêve qui aurait peut-être dû en rester un. Le lecteur curieux pourra trouver en cliquant sur le lien suivant le contenu de mon carnet de voyage… 

Big, large, impressive : the Perito Moreno glacier



 

English

It’s about time. Time to turn the page, to close this file and to move on. We came back from our trip in Patagonia 6 months ago and often I checked my notes written in El Chalten. Should I really post that? Is it really necessary to express such a disappointment, to try to explain the disillusion felt when an old dream is confronted to a frustrating reality?

Indeed, El Chalten was supposed to be the highlight and the end of the trip. Hanging out around the Cerro Fitz Roy needed to be amazing. And it wasn’t. The big and ugly touristic business has already changed it: tourism has taken over this part of Patagonia and it is difficult to find a less traveled path without knowing someone in town. Except if you are willing to pay the price.

Reading an article in the French newspaper “Le Monde”, I’m convinced to finally put an end to this trip (in French) :

http://www.lemonde.fr/m-perso/article/2017/07/07/le-routard-un-touriste-qui-s-ignore_5157382_4497916.html#xtor=AL-32280270

Leaving the old itinerary to reach the Laguna de los 14, new trail – Loin de l’ancien itinéraire en montant vers la Laguna de los 14 sur le nouveau sentier.

It perfectly illustrates what you can find in El Chalten. Everybody arrives and lives the same “adventure”, hikes the same crowded trail, drinks the same beer, eats the same diner… before leaving. One has to make it quick to appreciate. By staying, the perspective is immediately different and then, the only choice is to accept… Or to leave, to seek something else. But around, everything is made for the large majority. Just enter the “Casa de Guia” to ask for some advices and you would be answered that here they are selling a service, they are not giving anything. Therefore, one must accept to fit in the mold and hike the classic trails in the middle of the crowd, accept all the scams set up by this biased system. It could quickly become unbearable. Jumping on a less traveled path requires a different organization… At least we tried…

Big, steep, hard. What a legendary mountain ! – Grand, raide, difficile. Quelle montagne de légende !

Then, should we ignore El Chalten? Maybe should we just accept to spend a little amount of time there like everybody else? Nature is right there, and allows most to appreciate unique landscapes that would be hardly accessible anywhere else. But should we really be able to enjoy everything so easily? I will definitely leave this place to others who might enjoy it.  We came here to seek something that doesn’t exist anymore. What we found is something we try to avoid in general. Maybe we were expecting too much?

Of course, pictures are looking good, but 6 months later I still don’t feel much when I look at them.

Awesome bivy, alone ! – Superbe bivouac seuls !

Climbing here? In the mountains the rock looks stunning, but is it reasonable to wait weeks just to be able to touch it? For some probably. There is an incredible number of stunning places where it is possible to climb under the sun too…

I finally wish we spent more time in the Chilean Tierra del Fuego, a place still quiet, wild and beautiful. Or in the fjords, in the sea. The last trips in Peru were so intense that I feel again this need to share those experiences. But before doing so, I had the feeling that I needed to bring a closure to this old dream that probably should have stayed one. The curious reader could find my travel notes on this link…

Perito Moreno

Diaporama – Slideshow :


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