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Nevado Pisco 5,752 m
Quand on parle de Pisco au Pérou (et même au Chili), c’est en général lors d’une soirée arrosée ou avant un repas… Le pisco est en effet l’alcool local obtenu par distillation de raisin, souvent consommé sous forme du cocktail péruvien par définition : le Pisco Sour. Pourtant ce n’est pas cette forme d’ivresse que l’amateur de montagnes va venir chercher en Cordillère Blanche, mais bien celle des sommets enneigés vertigineux qui abondent. Le Nevado Pisco est probablement la cime qui connait le plus d’ascension dans la région de Huaraz : idéalement situé au centre d’une région barricadée par de mythiques géants (Huascaran, Chopicaqui, Artesonraju, Huandoy,…) et techniquement facile, il offre un belvédère incroyable sur les montagnes et glaciers environnants.
Grimper vers ce sommet n’est pas vraiment un défi. C’est souvent le choix de cordées qui cherchent à s’acclimater tout en ayant un état des lieux des conditions actuelles ou celui d’alpinistes débutants souhaitant gravir un sommet esthétique dans un cadre grandiose. Pour nous, il s’agit surtout de parcourir un nouvel itinéraire de haute montagne en peu de temps car la fin de notre séjour approche. Particulièrement bien acclimatés, nous avions lorgné d’autres objectifs plus techniques à parcourir rapidement. Chopicalqui, Tocllaraju,… étaient au programme. Lorsque l’alpiniste est en forme et bien acclimaté, ces ascensions peuvent être rapide mais la pratique locale, surtout lorsqu’un guide est embauché, n’a pas beaucoup évolué depuis les premières expéditions lourdes des années 70 ou 80. Pour une fois, j’étais prêt à avoir recourt aux services d’un guide pour pouvoir se concentrer uniquement sur le sommet (chose rare pour nous…). La lourde logistique imposée systématiquement nous en a dissuadé… Pour le Tocllaraju par exemple, on nous proposait un aller-retour en 5 jours, nuit en refuge obligatoire après 2 ou 3 heures de marche le premier jour, cuisinier et mules obligatoires… Une journée courte pour monter au camp de base le second jour… Bref, en mode expédition, parfois nécessaire pour des sommets isolés, mais peu utile pour des objectifs proches et accessibles.
Seuls nous serions partis pour 3 jours maximums avec des sacs légers, sans mules. Bien sûr, il faut que le guide et le muletier gagnent leur vie, mais les pratiques de montagne doivent aussi pouvoir évoluer avec le matériel et ce qui se fait de plus en plus ailleurs, surtout lorsque l’acclimatation est excellente : rapide et léger (ce qui est souvent un gage de sécurité…).
Plus facile, le Pisco sera donc notre montagne de repli. Nous partons à 3, avec Martin, un très sympathique québécois rencontré quelques semaines plus tôt en montagne. Le 4×4 est garé dans la vallée de Llanganuco, juste après les lacs, et en 3 heures nous atteignons tranquillement le refuge Pérou, près duquel nous camperons pour la nuit. Il aurait été possible d’avancer davantage afin d’être plus proche du glacier, mais cela revenait à monter plus haut de lourds sacs, alors que légers, le lendemain, nous avancerons plus vite.
La nuit est courte car l’ascension est assez longue. Pour être au sommet de bonne heure nous partons vers 3h du matin. À la lueur des lampes frontales, la large moraine très pénible qu’il faut traverser demande une importante concentration pour ne pas s’y perdre. Même en plein jour, parcourir cette zone avec un lourd sac ne doit pas être une partie de plaisir. Le glacier est atteint assez rapidement et c’est à nouveau un plaisir d’entendre les crampons crisser dans cette neige parfaitement dure.
Quelques crevasses étroites jalonnent la bonne trace et un vent glacial se lève progressivement. Au col, le soleil nous accueille mais peine à nous réchauffer. La pente finale vers le sommet est débonnaire et techniquement facile mais il faut traverser plusieurs crevasses assez larges et profondes sur des ponts de neige d’une finesse parfois peu raisonnable. La corde bien tendue, le cœur et le souffle s’arrêtent le temps des quelques pas nécessaires pour franchir ces abîmes. Le vent est de plus en plus fort et surtout de plus en plus froid. Lorsqu’un demi-tour commence à être envisagé, le sommet n’est plus qu’à quelques pas, désert. Quelques minutes sont nécessaires pour laisser les 360 degrés de ce panorama splendide pénétrer une mémoire congelée. La descente se fait doucement pour profiter de l’endroit et laisser doucement le soleil réchauffer l’organisme. Nous retrouvons la voiture un peu plus de 24 heures après l’avoir quittée.
Day 1 (jour 1) : Llanganuco Valley – Refugio Peru : 2 – 3 h – 800 m of elevation.
Day 2 (jour 2) : Refugio Peru – Pisco – Llaganuco Valley : long day – 1200 m of elevation, 2000 m downhill.

























