Lima, mars 2016, soleil brûlant, chaleur permanente. El Niño apporte une touche sensible à l’été péruvien et les quelques degrés de plus rendent l’atmosphère pesante. Il fait lourd lorsque la journée se termine et l’orage apporterai un soulagement appréciable… mais il n’y a pas d’orage à Lima. Il faut alors se contenter de la nostalgie de la fraicheur montagnarde, des nuits froides de l’altiplano.
Altiplano somptueux, magnifique, inoubliable. Les superlatifs pourraient facilement s’aligner lorsque les souvenirs sortent, lorsqu’on demande « alors c’était comment ?». Il est difficile de décrire cette aventure en quelques mots ou phrases, difficile d’organiser ce que la mémoire met en avant à l’instant présent.

Si les panoramas et paysages ont déjà bien illustrés ce blog, il ne faut pas oublier que l’altiplano abrite une faune particulièrement abondante et adaptée aux conditions extrêmes du milieu. Lors de la préparation d’un tel voyage on lira des renseignements sur les camélidés présents en nombre dans les Andes, les flamants roses… Il est difficile alors de s’imaginer un tête à tête avec ces représentants du monde animal qui illustraient les magazines et autres albums de Tintin et le Temple du Soleil lus durant l’enfance, mais pourtant, une fois sur l’Altiplano, il est possible de rencontrer toutes les espèces caractéristiques du lieu en quelques heures !
Viscache (Lagidium peruanum)

Lors d’un premier arrêt photo dans le nord du Chili, c’est d’abord la viscache qui se montre. Ce curieux rongeur de la famille des chinchillas ressemble à un lapin qui serrait doté d’une longue queue, mais lorsqu’il se met en mouvement, le déplacement s’apparente vaguement à celui d’un kangourou. La Viscache vit en général dans des zones rocheuses, et, bien qu’assez farouche, elle se laisse plus facilement approcher lorsqu’elle prend des bains de soleil, en affichant parfois des positions et des expressions intéressantes !

Vigogne (Vicugna vicugna)
Un peu plus loin les premières vigognes apparaissent. Loin pour commencer. Ces camélidés ne vivent qu’à l’état sauvage et se montrent particulièrement farouches lorsqu’on les approche à pieds alors qu’en voiture la distance de sécurité se réduit à quelques mètres. La laine de la vigogne est une des plus fine et des plus chaude du monde : l’animal n’en produit que 500 g par an. La laine est prélevée tous les 3 ans et l’animal est ensuite relâché. Plus fine et plus élégante que le lama, la vigogne règne sur l’altiplano. En 6 semaines, se sont des milliers d’individus qui ont traversé la route devant notre véhicule, nous ont entourés durant nos randonnées. Pourtant cette espèce était particulièrement menacée et sa population estimée à seulement 6000 individus dans les années 60.

L’excitation lors de cette première entrevue est palpable. La première silhouette apparaît au loin. Ce n’est en fait même pas une silhouette, mais à peine plus d’un point de couleur beige. Un peu plus loin un groupe est plus proche de la route et fini par traverser devant le véhicule… Et cette scène se répètera encore et encore ! Loin d’être blasé, chaque rencontre est vécue comme un événement nouveau et incroyable. Il est impossible de ne pas être émerveillé lorsque l’animal monte droit dans la pente tel un chamois, lorsqu’un petit de quelques heures essaie de se cacher dans les hautes herbes qui bordent une rivière.

Renard de Magellan (Lycalopex culpaeus andinus)
Un renard de Magellan ou Zorro Andino traverse la route devant nous. Plus rare, l’espèce est tout de même bien représentée dans les Andes. Dans certaines régions très touristiques, les touristes ont pris l’habitude de nourrir ce prédateur qui s’approche désormais des véhicules et attend, sous les fenêtres, qu’une main généreuse dépasse pour laisser tomber sa ration d’une nourriture bien trop sucrée mais facile. Combien de fois faudra-t-il expliquer aux personnes pénétrant un milieu naturel qu’il ne faut pas nourrir les animaux sauvages ?

Flamants roses (Phoenicoparrus)
Finalement, c’est dans les airs et sur l’eau que le monde animal est le plus dense. Oiseaux et canards profitent des lacs alcalins pour s’alimenter généreusement. Dans cette foule à plumes, c’est le flamant rose qui impose sa taille, sa couleur et sa silhouette dans le paysage andin. 3 espèces sont représentées dans ces montagnes :
- le flamant des Andes (Phoenicoparrus andinus)
- le flamant de James (Phoenicoparrus jamesi)
- le flamant du Chili (Phoenicopterus chilensis)

Les groupes peuvent atteindre plusieurs milliers d’individus, comme sur la Laguna Colorada dans le Sud Lipez en Bolivie. Le plumage rose apporte alors une touche vive incroyable dans un panorama déjà coloré de teintes plus minérales à des altitudes incroyables. Sur chaque Salar, marais, lac, ces échassiers sont présents, balançant leur cou en avant, plongeant leur bec crochu dans la vase afin d’en filtrer les nutriments qui leurs sont nécessaires.

L’ornithologue passerait probablement des heures, des journées entières à identifier les autres canards, faucons,…
Un dernier volatile ne peut passer inaperçu : le nandou qui lui ne peut voler.

Nandou (Rhea Americana)
La présence de ce cousin de l’autruche peut paraître étrange lorsqu’à plus de 5000m un individu isolé déboule devant le véhicule… Timide et discret, le nandou se montre finalement assez facilement, souvent en petits groupes. Les premiers individus apparaissent assez loin dans un premier temps. Avec la distance on a l’impression de contempler de gros gallinacés qui picorent à droite et à gauche. Par la suite, plusieurs groupes seront parfois très proches, partant rapidement dans toutes les directions dès qu’une présence étrangère se fait remarquer.
Au bout de notre route, en Argentine, ce sont quelques ânes sauvages qui nous saluent rapidement au bord des pistes.


























Cher Olivier,
ces photos sont absolument fantastiques. Bravo!! Martina et moi avons beaucoup de travail. Mais nous espérons trouver le temps de t’écrire davantage un peu plus tard. A bientôt, j’espère!
Très amicalement,
Martina et Christian